Infusions et remèdesLa Tuaille

Mai. Récit.

 » Voici le joli mois de mai
Où les galants plantent le mai
J’en planterai un à ma mie
Il sera plus haut que sa toiture  »
La coutume d’offrir un brin de muguet le premier mai n’était pas connue. Chez nous, on  » chantait et plantait le mai  » : c’est avec ce refrain que les jeunes gens du village partaient, en petits groupes, pour chanter le  » mai  » de maison en maison, souvent accompagnés de joueurs d’accordéon et d’harmonica. Les uns, panier au bras pour la quête des œufs, les autres, une bêche ou de jeunes peupliers fleuris et enrubannés sur l’épaule, pour planter le  » mai  » devant la porte des jeunes filles à marier. Plus la fille était riche et jolie, donc désirée, plus le peuplier (le mai) était garni.
Attention Si quelqu’un n’ouvrait pas sa porte, refusait de donner des œufs ou quelques pièces de monnaie, nos jeunes gens changeaient de refrain, lançaient des injures, unissaient leurs forces et leur imagination pour faire de mauvaises farces. Il n’était pas rare, le lendemain matin, que le récalcitrant trouve un cadeau parfumé sur le seuil de sa porte. Il pouvait, quelquefois, chercher longtemps des outils, voire une charrue, habituellement rangés sous le hangar. On disait qu’une année, le père Marion, qui n’avait pas ouvert aux chanteurs de  » mai « , avait retrouvé son âne et son charreton tout en haut d’un platane à l’autre bout du village.
La tournée s’achevait au petit matin. Les œufs étaient portés au café où garçons et filles du village se retrouveraient le dimanche suivant pour manger les « coques  » et boire vin clairet et limonade. Au son de l’accordéon, certains se promettaient le mariage. Chanter et planter le mai, quête d’œufs et d’amour. Fête du renouveau, promesse de fécondité. La tradition du  » mai  » est très ancienne, Paul PAYA nous dit qu’elle remonterait aux Celtes qui fêtaient le premier mai, le mariage de la terre et du ciel. (Paul PAYA: FOLKLORE D’ARDèCHE – E & R et Parlarem en Vivarés).
 » Tant que mai n’est pas au 28- L’hiver n’est pas cuit !  »
Début mai, pendant la lune rousse, (lunaison qui débute après Pâques) on redoute les gelées de printemps. Pour en atténuer les effets, par temps très clair, sans un souffle d’air, vers 5 heures du matin on allumait des feux sous les arbres fruitiers de façon à ce qu’un voile de fumée s’interpose entre les arbres et le ciel, au moment du lever de soleil. Dans les jardins apparaissaient : fraises, petits pois, rattes « … Tandis que les asperges sauvages poussaient, elles, dans les bois de peupliers du bord du Rhône. Comme pour les champignons, chaque famille avait ses coins. Il fallait y aller en cachette, changer de chemin, faire un grand détour pour revenir à la maison, ramasser un peu d’herbe pour les lapins, la mettre dans le sac sur les asperges, car les voisins ne devaient rien soupçonner. Sinon, la prochaine fois ils passeraient avant. Bien sûr, tout le monde faisait les mêmes cachotteries.
C’est sûrement le souvenir des asperges sauvages de mon enfance qui fait qu’aujourd’hui encore, je préfère les asperges vertes qui poussent librement, sans être buttées.

Recettes de Mai

Occitan