Juin. RécitAoût. Récit.

Juillet. Récit.

 » Les vacances arrivent
Les cahiers au feu
et les maîtres au milieu !  »
C’est en scandant ce refrain que nous quittions l’école, chaque année, le 13 juillet.
Les deux dernières semaines de classe étaient très agréables. On était moins nombreuses. Il faisait chaud. Par les fenêtres ouvertes, on entendait les cigales. Notre esprit vagabondait déjà à travers la campagne.
Surtout, les maîtresses étaient beaucoup plus gentilles, les récréations plus longues, mais il faisait trop chaud pour jouer  » au ballon prisonnier » ou à  » laissez-la passer la grosse mère… « . Alors, assises à l’ombre des platanes, nous papotions, c’était le temps des secrets…
Dans la classe des grandes, il y avait une bibliothèque. Enfants et parents pouvaient emprunter des livres pendant l’année scolaire. Avant de partir en vacances, nous aidions la maîtresse à faire le recensement annuel des ouvrages. C’était un moment privilégié.
Le dernier jour, nous venions en classe avec paille de fer, essence térébenthine, cire d’abeilles, chiffon de laine et, courageusement, nous décapions et cirions nos bureaux sans oublier la table de la maîtresse
On ne partait pas en vacances comme aujourd’hui. Souvent, les cousins venaient une semaine et on allait une semaine chez les cousins. On participait un peu aux travaux agricoles. On faisait du vélo sans dépasser les limites du village. Quelques téméraires se baignaient dans l’Eyrieux, mais ils étaient peu nombreux, la baignade c’était bon pour les gens de la ville. Puis les parents redoutaient les noyades et aussi la poliomyélite (La vaccination contre la polio n’est apparue qu’en 1954/1955).
C’était la pleine saison des fruits, pêches, abricots, prunes. Pour ma part, j’aidais grand-mère pour la cuisine. La table familiale accueillait les hommes et les femmes embauchés pour la cueillette et l’emballage des fruits. C’est à dire que la tablée passait, de 6 personnes en hiver, à 10 ou 12 en été. Comme il n’y avait que le fourneau à bois, il fallait l’allumer trois fois par jour malgré la chaleur. Pour le petit déjeuner et le souper, une flambée suffisait, mais de 10 h à midi on faisait un feu d’enfer. C’est qu’il fallait en préparer de la nourriture pour tout ce monde! Bettes, carottes, fèves, haricots, courgettes étaient les légumes de saison, il ne fallait pas oublier la soupe pour le soir, et les jours de  » confitures  » le feu brûlait toute la journée.

Mais quel plaisir de prendre tous les repas dehors sous le grand platane ! De chaque côté de la grande table, un banc. A chaque extrémité, une chaise où présidaient grand-père et grand-mère, comme dans le grand monde
Le soir après le dîner, on  » prenait le frais  » sur le banc devant la porte. Les voisins nous rejoignaient pour de véritables palabres! On attendait un peu de fraîcheur pour aller dormir, en scrutant le ciel dans l’espoir de voir des étoiles filantes. Grand-mère nous apprenait à reconnaître l’Etoile du Berger, la grande et la petite Ourse. Le Chemin de Saint-Jacques (la Voie Lactée) nous paraissait bien inaccessible. D’ailleurs, nous n’avons jamais réussi à y voir quelqu’un dessus. Et pourtant, (grand-mère était formelle) il conduit les pèlerins du monde entier à COMPOSTELLE!

Recettes de Juillet

Occitan