Avril. Récit.Mars. Récit.

Février. Récit

 » Le plus petit, le plus vilain petit diable « .
Pour la Chandeleur  » Le loup sort de sa tanière. S’il voit son ombre avant que le curé ait dit la première messe, il fait trois sauts en arrière, rentre dans son trou et n’en sort plus de quarante jours.  »
Ce dicton se retrouve, avec quelques variantes, dans toute l’Ardèche. Mais ici, il se veut optimiste, car le curé disait la première messe très tôt, alors le 2 février, ii y avait peu de risque que le loup (le soleil) voit son ombre avant que la messe soit dite !
De toute façon, l’amandier en fleurs et la timide violette murmurent que, très bientôt, Dame Nature s’éveillera.
L’usage n’en était pas encore très répandu, mais dans quelques familles on faisait sauter les crêpes, un louis d’or dans la main. Février verrait aussi le mardi gras et ses beignets et surtout, au village voisin (Charmes-sur-Rhône), le premier dimanche de Carême, LA SURLE ! Cette fête serait une survivance du moyen âge et l’ancêtre du rugby.
Le dimanche en début d’après midi, on présente au maire, ceint de son écharpe, les mariées de l’année. Il offre le bras aux deux plus anciennes (date du mariage à l’appui).
Le cortège se forme : la fanfare, suivie du maire donnant le bras aux deux mariées. Un jeune homme porte, comme un étendard, un chêne vert surmonté d’une balle de son. Puis viennent les autres couples de mariés. Les deux maris, dont les femmes sont conduites par le maire, ferment le cortège officiel. La foule emboite le pas et l’on se rend en grande pompe au pré de la Surle sur les bords de la rivière  » Embroye « .
Arrivé au pré, l’arbre porté en tête du cortège est planté à une centaine de mètres de la rivière. La balle est remise au Maire qui la lance en criant  » Surle!  »
La balle lancée, les jeunes gens se précipitent pour l’attraper et la porter à l’Embroye, mais ce n’est pas facile et il y a beaucoup de  » mêlées » avant qu’un heureux candidat arrive à la faire boire et à la rapporter triomphalement au Maire. On offre un canon à l’heureux gagnant, puis à tour de rôle, chacune des mariées jette la  » Surle  » et la bataille recommence chaque fois de plus belle.
à la fin, dans le même ordre, le cortège rentre au village. Un vin d’honneur est offert aux mariés.
Une bise noire, à décorner les bœufs, était souvent du cortège et, sur le chemin du retour, à pied ou en vélo, je rêvais au bon lait de poule que grand-mère m’aurait préparé. Les  » grands « , eux, boiraient du café et ensemble nous mangerions un bon gâteau : Crêpes ? Beignets aux pommes ? Omelette à la confiture ?
1. Cette fête a toujours lieu.

Recettes de Février

Occitan