Janvier. Récit.Février. Récit

Avril. Récit.

 » En avril, Le coucou chante s’il est vivant. Si le sept, il n’est pas venu, c’est qu’il est mort ou perdu.  »
Une vieille croyance veut que, si on n’a pas d’argent sur soi lorsqu’on entend chanter le coucou pour la première fois de l’année, cela présage qu’on en manquera toute l’année. Alors de grâce, n’oublions pas de garder une pièce de monnaie au fond de notre poche. Toutefois, certains prétendent que la sentence est moins sévère si on entend le coucou après avoir pris le petit déjeuner.
Les vacances de Pâques débutaient le dimanche des Rameaux, le jour où l’on mangeait le  » suisse « . Pendant la première semaine, j’aimais accompagner grand-mère pour garder les chèvres. Nous emportions le goûter, un  » vrai goûter de travailleurs « , puisque nous étions en avril
De plus, grand-mère voulait bien jouer avec moi à:  » GRELI-GRELOT – Combien ai-je de pierres dans mon sabot ?  » (Chaque joueur fait une réserve de 20 petits cailloux, qu’il cache. Il en enferme un certain nombre dans ses mains jointes qu’il secoue en chantant : greli-grelot… Si la personne questionnée devine le nombre de cailloux, elle gagne. Sinon, elle doit puiser dans sa réserve pour payer la différence). Quand nous étions fatiguées de ce jeu, elle prenait une pelote de laine qu’elle coinçait sous un bras, et tricotait une chaussette. Moi, j’allais gambader avec le chevreau qui serait sacrifié quelques jours plus tard. Généralement le jeudi Saint.
Trois choses étaient importantes pour le vendredi Saint :  » faire maigre  » en se régalant de morue, semer les potirons et préparer la pogne de Pâques
 » La mauvaise saison est morte
Les sentiers sont pleins de fleurs
Le mois d’avril est à la porte
C’est le temps de la pogne aux œufs
Cela sent bon plus qu’une fougasse
Plus que les fleurs du printemps.  »
(Extrait de: La Pogne aux œufs – éloi Abert – . LA CHANSON Du PAYSAN – textes choisis par Matha Perrier – Editions E & R).
Pâques, grande fête chrétienne pour laquelle il était d’usage de troquer les vêtements d’hiver contre les vêtements de printemps, pour aller, qui à la messe, qui au culte.

– Pour les femmes : tailleur deux pièces bleu marine, gris ou noir. Chemisier blanc. Chapeau. Gants en  » résille « .
– Pour les hommes : Costume sombre. Chemise claire. Cravate. Chapeau ou béret.
– Pour les fillettes : jupe plissée. Veste de laine bleu marine ou rouge. Chaussettes blanches. Béret blanc ou chapeau de paille.
– Pour les garçonnets culotte courte et veste de tweed. Chaussettes beige. Béret marron ou noir.
Et, pour tous, des chaussures noires reluisantes. Cette coutume vestimentaire était respectée, même si la bise, qui souffle souvent très fort la semaine sainte, s’attardait le dimanche de Pâques et que quelques flocons de neige venaient tourbillonner avec les pétales roses des fleurs de pommiers. Peut-être était-ce une façon d’affirmer la foi en la résurrection du Christ et de saluer celle de la nature?
Avant d’aller à l’office religieux, on dressait la table : nappe blanche, vaisselle et couverts des jours de fêtes, un bouquet de pommier du japon pour décorer. A midi, un plantureux repas réunissait toute la famille autour du chevreau ou du bœuf pascal, des œufs à la neige et de la pogne!

Recettes d’Avril

Occitan