LA MENTALA BORRACHA

LA SAUVIA

Beure d’enfusions de sàuvia per agulhonar la vesicula e per solatjar lo mau d’òs. Mas la sàuvia a benlèu d’autras vertuts, que se ditz: « Aquel qu’a de sàuvia dins son jardin, a pas besonh de medacin! » Puèi a una tant jòlia istòria …

LA LÉGENDE DE LA SAUGE « Les bourreaux du roi Hérode fouillaient les maisons pour égorger les enfants de la maternelle. Pendant ce temps là, la Vierge Marie errait dans les montagnes de Judée. Pressant son nouveau-né sur son coeur, elle fuyait les égorgeurs. Dans la plaine, Saint Joseph allait de masure en masure, demandant une hospitalité que personne ne voulait lui donner. Là-bas, au milieu des hurlements, les soldats d’Hérode poursuivaient leur besogne meurtrière. C’est alors que Marie vit tout près d’elle une rose qui s’épanouissait. — Rose, belle rose, lui dit-elle, ouvre bien ton coeur et cache avec tes feuilles le pauvre enfant que l’on veut faire mourir! La rose lui répondit: Passe vite ton chemin, car les bourreaux, en m’effleurant, pourraient me ternir. La giroflée est tout près d’ici. Va lui demander de t’abriter et sûrement elle le fera. Marie se tourna vers la giroflée: — Gentille giroflée, épanouis-toi bien vite et cache dans tes rameaux le pauvre enfant qui ne demande qu’à vivre. — Passe vite ton chemin, répondit la giroflée. Je n’ai pas le temps de t’écouter. Je suis occupée à me fleurir! Mais va voir la sauge: elle a toujours été le recours des pauvres gens. Marie répéta sa litanie avec toute l’énergie du désespoir: — Sauge, bonne petite sauge, épanouis-toi bien vite et cache avec tes feuilles le pauvre enfant que l’on veut faire mourir! La bonne petite sauge s’épanouit tant et si bien qu’elle abrita et cacha l’Enfant-Dieu et sa mère. Quand les bourreaux passèrent ils cherchèrent et ne trouvèrent rien. Ils s’en allèrent comme ils étaient venus. Lorsque tout danger fut écarté, Marie et Jésus sortirent de leur refuge vert et fleuri: —Sauge, Sauge Sainte, grand merci! Et la Vierge caressa de la main la sauge compatissante et la bénit. C’est alors que Saint Joseph rejoignit Marie et Jésus avec l’âne qu’un brave homme lui avait loué. Marie s’assit sur l’âne avec son fils dans les bras. Et Michel l’Archange descendit des hauteurs du ciel pour leur tenir compagnie et leur indiquer les meilleurs chemins. Doucement, à petites journées, ils se rendirent en Egypte. C’est depuis ce temps-là que la sauge possède tant de vertus et que l’on dit en Provence: « Quau de la sauvia non pren, De la Vièrge non se’n soven. » (Celui qui n’a pas recours à la sauge, ne se souvient pas de la Vierge.) » Légende publiée dans: LO GRINHON n° 7 (Gazette occitane de PARLAREM EN VIVARES, Annonay — 07) avec l’indication « recueilli sur un cahier, sans nom d’auteur ».

Totas las enfusions

Totas las recèptas de tot l’an

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